Séparation compliquée. Et après?


Il est difficile d’aborder le thème de la séparation sans parler de ma propre histoire. Pour autant, il est encore plus difficile de parler de ma propre histoire avec pudeur et de savoir rester en dehors de la zone du « trop intime » . Sachez que c’est un exercice de taille pour moi.

Si je voulais absolument aborder ce sujet, c’est que je sais pertinemment que je ne suis pas la seule a avoir vécu et à vivre toujours, une séparation compliquée et le principe même de mon blog, c’est l’échange. J’espère donc secrètement que grâce à cet article, certain(e)s trouveront des réponses, d’autres des pistes, ou encore simplement une épaule sur laquelle poser sa tête en pouvant se dire « ok, je ne suis pas seul(e)) ».

J’ai quitté le papa de mes enfants il y a 5 ans. J’ai mis du temps à partir, entre la période où j’ai absolument tout mis en oeuvre pour « sauver » ma famille et celle où j’ai compris que je n’arriverais plus à rien.

Nous vivions, mes enfants et moi, dans une atmosphère violente, malsaine et terriblement anxiogène.

Pour ne citer que ça, leur père avait des problèmes d’addictions à certaines substances, ce qui le rendait particulièrement violent, impulsif et incontrôlable. Je suis partie après l’avoir découvert, aussi, après avoir bien galéré à trouver un logement. Parce que bien évidemment, il ne voulait pas partir.

Lorsque mes enfants et moi avons emménagés dans notre nouvel appartement, ça a été la liberation! Je n’avais pas d’argent, ou très peu, j’étais toujours en congé parental, j’avais TOUT laissé à leur père, j’étais partie juste avec ce qu’il fallait pour eux. Mais mon petit garçon faisait ENFIN ses nuits, les rires avaient pris place aux pleurs et je pouvais enfin dire que tout allait bien.

Et puis la question de la répartition de la garde s’est posée. Je ne pouvais pas priver mes enfants de leur père, parce que même si c’était un gros con malade, il était leur père et mes enfants aimaient leur papa.

Il était Evidemment HORS DE QUESTION pour moi de laisser une garde alternée se mettre en place (1 semaine chez l’un, 1 semaine chez l’autre) et puis de toute façon, leur père ne me l’a jamais proposé. Pas folle la guêpe.

Mes enfants allaient donc chez leur père un weekend  sur deux mais je n’ai jamais eu la certitude qu’ils étaient en sécurité, que leur père était a jeun de tout en leur présence et ça m’a rendu malade pendant de longs mois.

Mais il faut savoir que sans preuves, sans témoignages, sans rien pour appuyer vos dires, la « justice »ne fait rien. Donc je n’avais pas le choix que de les laisser un weekend sur deux.

Un jour, alors que j’emmenais mes enfants chez leur père, celui-ci me donne rendez-vous en bas de chez lui, près d’un étang. A savoir qu’il n’a pas le permis, au passage.

J’arrive, je le vois sortir d’une voiture, il est côté conducteur (???). Il se dirige vers nous, complètement ivre, la bave sur les commissures des lèvres mais je vous passe les détails hein. Evidemment, je décide de ne pas lui laisser mes enfants dans cet état, mes enfants pleurent mais je tiens bon, je remets tout mon petit monde dans la voiture, en pleurs. Il ouvre les portières, m’insulte, tape du poing sur ma porte, m’empêche de fermer et ma fenêtre et ma porte et me glisse à l’oreille que si je pars avec mes gosses, il me brûlera vive avec eux.

Mon sang n’a fait qu’un tour. J’ai réussi à le dégager et je suis partie, avec mes enfants.

En arrivant à la maison, tout le monde était sous le choc, mon fils était terrorisé et ma fille ne comprenait pas pourquoi je n’avais pas voulu les laisser là bas.

J’ai fait du chocolat chaud et j’ai demandé à tout le monde de s’asseoir autour de la table et nous avons parlé de ce qui venait de se passer. J’ai répondu du mieux que je pouvais aux questions de mon fils, puis de ma fille. J’ai pesé chaque mot que j’employais de façon à ne pas dénigrer leur papa devant eux, même si dans ma tête, je le voyais pendu au bout d’une corde avec un panneau marqué « gros fils de pute » dessus. Mais je suis restée calme et diplomate!

J’ai pour la première fois ce jour là, abordé la maladie de leur père avec eux, j’ai nommé ses symptômes, expliqué les pupilles dilatées, l’excitation constante, l’impulsivité et l’agressivité.

Et ils ont compris. Chaque fois qu’ils me posaient une question, je répondais, chaque fois que je les sentais inquiets, je les rassurais, il y a des solutions à tout, ou presque et ça, je voulais que mes enfants le sache.

A partir de ce jour là, j’ai décidé de gérer la situation par moi même avec mes petits moyens, mon coeur et mon cerveau. J’ai décidé de ne plus lui laisser mes enfants.

J’ai pensé demander la garde exclusive mais après avoir pris contacte avec une avocate et que celle-ci m’ait bien expliqué que peu importe la menace de mort, peu importe l’alcool, la drogue et le reste, sans preuve, sans témoignage, devant un juge, la seule chose que je gagnerais serait une garde partagée, c’est à dire qu’ils iraient chez leur père un week end sur deux.

Et tant qu’il serait malade, ça, c’était hors de question!

Alors j’ai expliqué à mes enfants qu’ils ne retourneraient plus chez leur papa pour l’instant, que celui-ci était malade mais qu’il ne fallait pas qu’ils s’inquiètent, avec un peu d’aide et de bonne volonté, il pourrait guérir et quand ce serait le cas, ils pourraient y retourner.

Je n’ai pas pu ne pas leur dire que pour le moment, aller chez lui était dangereux pour eux, que je les aimais bien plus fort que ma propre vie et que l’univers tout entier, que j’étais leur maman et que mon rôle de maman était de les protéger.

Et ils ont compris. Encore.

4 mois qu’ils ‘ont pas vu leur papa. 4 mois qu’ils vont bien, même si ils le réclament de temps en temps.

4 mois que leur père sait qu’il doit aller voir un médecin et se faire soigner pour récupérer ses enfants. Je lui ai même proposé de l’accompagner, de l’aider dans cette démarche d’aller mieux, pas pour lui, pas pour moi, pour mes enfants.

Autant de mois qu’il envoie des messages à sa fille en lui disant qu’il a « pris rendez vous la semaine prochaine » et que rien du tout. 4 mois que je fais front, seule, aux questions de mes enfants, au manque de mes enfants et que j’essaye tant bien que mal de faire en sorte à ce qu’ils ne souffrent pas trop.

Quant à l’aide financière, elle est inexistante aussi, il part en week-end avec ses copains, en vacances, il fait la fête, s’offre le dernier i-phone 7…

Pendant que moi, je gère les questions, les réponses, la bouffe, les fringues, la rentrée, les fournitures, les inscriptions aux sports, les loisirs, la cantine, la garderie… La vie quoi.

Mais tout ça, c’est MON rôle de maman.

Il n’y a pas de solution miracle lorsqu’on se sépare, pour que les enfants ne trinquent pas trop. Il n’y a que le dialogue. Ne pas dénigrer « la partie adverse », tenter d’expliquer parfois l’inexplicable, les faire se poser de bonnes questions et tout mettre en oeuvre pour y répondre le plus justement possible.

Je rêve de ce jour où mes enfants seront majeurs juste pour ne plus jamais avoir à faire à leur père.

Je ne comprendrais jamais d’ailleurs comment j’ai pu un jour aimer cet homme tant il est devenu quelqu’un d’autre.

Mais une chose est sure, je les aime pour deux. ❤

 

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7 commentaires sur « Séparation compliquée. Et après? »

  1. Comme je me reconnais trop bien dans ton histoire, chez moi pas de drogue et d’alcool mais un pervers narcicissique. Je n’ai qu’une enfant avec lui mais c’est une galère pas possible aussi… Tu es une super maman je n’en doute pas… Continue à les préservés c’est le plus important pour eux… ❤ ❤

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    1. C’est difficile parce que moi j’ai peur que mes enfants me le reprochent plus tard… j’ai toujours peur qu’il meurt et que les enfants finissent par me reprocher de les avoir privé de passer du temps avec leur père… rien n’est simple quoi. Mais je prends la décision que je juge la mieux pour eux, pour le moment…

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  2. Je n’ai pas ce problème ma fille ne connait pour l’instant pas son père.
    Je commence tout juste à faire face à ses interrogations du haut de ses 4 ans et j’essaye d’y répondre comme je peux.
    Ce qui est sûr c’est que tu as fait le bon choix alors certes tu auras peut-être des reproches de leur part mais je pense que quelque soit les choix que nous faisons pour nos enfants il y aura toujours un moment où ils seront en colère contre nous mais en grandissant ils comprendront que nous avons fait du mieux que nous pouvions en voulant les protéger avec les moyens dont nous disposions.
    Que ces choix ont été faits par amour pour qu’ils deviennent des adultes forts et équilibrés.

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  3. Ce que tu offres à tes enfants, c’est un avenir meilleur en leur permettant dans un milieu beaucoup plus serein et équilibré. Viendra peut-être un moment où ils te reprocheront de ne pas avoir plus vu leur père mais au fond d’eux même, ils savent. Ils savent que tu es là pour les protéger, que tu les aimes plus loin que l’infini et l’au-delà, que tu leur offres de quoi se construire sur de belles valeurs qui feront d’eux des adultes responsables et équilibrés.

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