Allaiter après une réduction mammaire, tous les conseils de ma conseillère en lactation pour bien démarrer mon allaitement.

IMG_0522.JPG

Il y a 18 ans, j’avais 17 ans et j’étais extrêmement complexée par ma poitrine. Je n’étais pas très grande (je ne le suis toujours pas hein) et j’avais une poitrine dite « forte ». Cela me gênait pour tout, pour m’habiller, pour trouver des maillots de bain à ma taille, de la lingerie assortie, tout ça relevait d’un défi sans fin puisque je ne trouvais jamais de bas qui allait avec le haut car on ne vendait jamais des ensembles 38 en bas et 95E en haut donc. Plus que tout, je vivais mal d’être  « la fille aux gros seins » du collège, je supportais pas le regard des garçons sur moi et finalement, le regard que j’ai fini par porter sur moi…

Je me suis faite opérer quelques jours avant mes 18 ans. Une réduction mammaire, qui a simplement changé ma vie. Fini les sous vêtements de grand-mères, fini de me cacher derrière des cols roulés ou des sweats trop grands, j’avais mis un terme à un complexe dont vous ne soupçonnerez JAMAIS la profondeur et j’étais heureuse.

4 ans plus tard, je suis tombée enceinte. Le choix de l’allaitement a été une évidence, il s’est imposé à moi naturellement. Je voulais allaiter ma fille. Je me questionnais néanmoins sur la possibilité d’un éventuel allaitement puisque je m’étais faite opérer et que de ce fait, on m’avait « ouvert » les seins, « découpé » les tétons (pour les remettre après heinn!) afin de m’enlever de la masse pour réduire ceux-ci.

J’ai alors demandé un compte rendu opératoire à l’hopital pour savoir s’ils m’avaient coupé les « canaux lactés » et ô joie, NOOOOOON!!!

En théorie, rien ne m’empêcherait d’allaiter…

Sauf que… trop de monde dans ma chambre à la maternité après l’accouchement, qui avait été long et éprouvant. Une mauvaise mise au sein,des crevasses, un bébé qui hurlait en permanence, une puéricultrice qui m’a conseillé de « complémenter » mon bébé par un bib pour le calmer et hop! c’en était fini de mon allaitement. J’ai évidemment cru que tout ce bazarre était dû au fait que j’avais été opérée, alors pour le bien être de ma fille, je n’ai pas insisté, je me suis résignée. J’ai beaucoup culpabilisé…

Pour mon fils, arrivé 5 ans après, j’étais mieux préparée, j’avais demandé une chambre seule, pas de visites, j’avais suivi des cours d’allaitement à l’hôpital et m’étais jurée de retenter le coup! Et ça a marché! Quand on me l’a posé sur le ventre, j’ai demandé à ce que l’on ne me le prenne pas tout de suite, on l’a laissé chercher mon sein, il l’a trouvé, la mise en bouche était parfaite, il tétait bien et moi j’étais heureuse de voir que la mise en place était impeccable, j’y croyais… Et puis ma montée de lait est arrivée 2/3 jours plus tard, juste avant qu’on sorte de la maternité en fait. Mon fils n’avait pas repris de poids, du coup on m’a de nouveau conseillé de complémenter… avec des bib aussi… youpi lolilol, j’ai pleuré, parce que je savais que mon bébé trouverait le bib plus confortable. Mais je n’ai pas arrêté de l’allaiter pour autant. J’ai tenu un mois, a l’allaiter et a lui donner un bib ensuite, évidemment, il déglinguait ses biberons, et moi, il se passait plus grand chose au niveau de mes seins. Alors j’ai capitulé, mettant encore cet échec sur le compte de mon opération, culpabilisant de plus belle. Bon, j’ai du coup pu re-boire un petit verre de vin blanc, bien frais, bien agréable, ça c’était cool, mais ça m’a consolé 5 minutes, soyons honnêtes!! 🙂

J’ai TOUJOURS mis mes échecs d’allaitement sur le compte de ma réduction mammaire. C’était un peu le prix a payer pour m’être débarrasser d’un complexe.

Actuellement, je suis enceinte de mon 3ème enfant. J’entame mon 7ème mois relativement sereinement car 12 ans après la naissance de ma fille et 7 ans après celle de mon fils, je suis beaucoup plus armée et renseignée en ce qui concerne l’allaitement.

Si je me fis à tout ce que j’ai pu lire partout, à tous les cours que j’ai pu suivre sur l’allaitement et aux entretiens que j’ai eu avec ma conseillère en lactation, je dirais que le problème, c’était pas moi. Le problème, c’était pas mon opération, le problème, c’était que je n’avais jamais suffisamment stimulé ma lactation et a aucun moment je n’ai été accompagnée là dessus, à la maternité. Le manque d’informations et de suivi ont fait que mes allaitements ont capoté. Pas moi.

Alors voilà, pour toutes celles qui souhaitent allaiter et qui ont été opérées de la poitrine, il est important de demander un compte rendu opératoire à l’hôpital qui vous a opéré afin de savoir si vos canaux lactés ont été coupés (auquel cas, là oui, ça peut être plus difficile…);

Dans mon cas, les canaux n’ont pas été coupés mais, mes glandes mammaires ont été impactées, forcément. Ce que m’a dit ma conseillère en lactation, c’est qu’il faut savoir qu’a chaque grossesse, la glande mammaire se régénère. C’est fou le corps humain, hein? Un allaitement qui n’a pas fonctionné la première fois, peut tout à fait marcher comme sur des roulettes la seconde fois. (Ce qui expliquerait potentiellement pourquoi mon 2ème allaitement a mieux marché que le 1er).

Tous les conseils qui vont suivre sont les conseils de ma conseillère en lactation.

Tout d’abord, à la naissance, pour bien mettre en route un allaitement, il est important de faire téter le bébé le plus tôt possible, plus vite il sera mis au sein, mieux il tétera et ça mettra évidemment le processus de l’allaitement en marche, tout de suite.

Ne pas hésiter à faire vérifier la position de la bouche de bébé par une sage femme ou une auxiliaire de puériculture ou une puéricultrice a chaque fois que vous mettrez bébé au sein. Une bonne mise en bouche évite les crevasses, alors profitez de vos 2/3 jours à la maternité pour solliciter l’aide des professionnels, ça vous évitera des désagréments!

Mettre bébé au sein à chaque signe d’éveil (les yeux, les lèvres, la tête qui bougent, s’il s’agite de quelque façon que ce soit, s’il porte ses mains à la bouche—–> VITE! dégainez les nichons, les boobs, les seins, les gougouttes!!), en gros, ne pas attendre qu’il pleure. Au début, il sera tout à fait NORMAL d’avoir l’impression d’avoir un bébé « vissé » au sein, il est tout a fait possible que dans les premiers jours, vous allaitiez plus de 10/13 fois par jour… Et tant mieux! plus bébé sera au sein, plus il stimulera la lactation 🙂

Ma sage femme m’a aussi conseillé de ne pas paniquer par rapport à la montée de lait, souvent, les séjours à la maternité s’achèvent alors même que la montée de lait vient juste d’arriver, il arrive parfois même qu’elle arrive une fois à la maison, normal donc que bébé n’ait pas récupéré son poids de naissance. Il faudra juste faire « surveiller » la prise de poids par une sage femme ou autre professionnelle lors de votre retour à la maison, elle en profitera aussi pour vérifier si bébé prend bien le sein et si les tétées sont efficaces. Pour ma part, je sais que ma conseillère en lactation, qui est aussi la sage femme qui suit ma grossesse, viendra me voir à mon retour à la maison pour vérifier tout ça.

Au tout début, vous n’aurez pas de lait, il faudra attendre entre 48 et 72h pour cela, mais vous aurez du colostrum! L’estomac de votre bébé sera encore touuuuut petit et le colostrum sera amplement suffisant pour lui, pour le combler avant la montée de lait. Donc pas de panique non plus! Le colostrum est plein de protéines et est très nourrissant.

Aussi, dans les premiers temps, il n’est pas conseillé de complémenter un bébé au biberon, mieux vaut privilégier des compléments à la seringue (sans l’aiguille heiiiiin!), au bec verseur ou au mieux, avec l’aide d’un « DAL » (dispositif d’aide à la lactation), je dis « au mieux » car celui-ci, vous pouvez l’utiliser et allaiter en même temps, c’est une sonde qui est reliée à un bib rempli de votre lait maternel et que vous introduisez dans la bouche de bébé, sur votre téton, quand celui ci tète, il se complémente avec le DAL en même temps!

Si votre bébé ne stimule pas assez votre lactation car il ne tète pas souvent (moins de 5/6 fois par jour), armez vous d’un tire lait!! et utilisez le APRES les tétées, pas avant, évidemment.

Vous pourrez conserver votre lait a température ambiante de 4 à 6h, au frigo jusqu’à 8 jours max (éviter la porte du frigo car ouverte plusieurs fois par jour, pas top pour la conservation du lait) et 6 mois au congélateur!

En gros, si je récapépette, en faisant tout ça, en mettant bébé au sein à la demande et surtout à chaque signe d’éveil, je devrais pouvoir m’en sortir cette fois! Et pour ce 3ème bébé, je serai de toute façon, accompagnée par ma conseillère en lactation, elle sera disponible par téléphone dès lors que j’en aurais besoin, que ce soit à la maternité ou bien à mon retour à la maison, et sera toute disposée a passer nous voir, bébé et moi, lorsque j’en aurais besoin ou bien juste pour vérifier la mise au sein, si les  tétées sont efficaces, s’il prend suffisamment de poids, s’il a besoin d’être un peu complémenté avec le DAL etc…

Bref, j’ai décidé de faire confiance à mon corps, à mes seins, à mon bébé, à mon amoureux pour me soutenir, et à ma conseillère en lactation pour que cet allaitement fonctionne.

Bien s’entourer et se faire confiance, c’est la base 🙂

Publicités

2 commentaires sur « Allaiter après une réduction mammaire, tous les conseils de ma conseillère en lactation pour bien démarrer mon allaitement. »

  1. Il faut se faire confiance, ce petit bonhomme va te permettre de faire un super allaitement, j’en suis certaine.

    Et ta sage femme a juste l’air méga top!!
    Bon futur allaitement 😍❤
    (Maman allaitant bébé 2 exclusivement depuis plus de 13 mois ! #bonheur)

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s