Mon combat pour allaiter.

Lorsque j’étais enceinte de mon troisième enfant, je me suis nourrie, voire gavée, d’informations concernant l’allaitement. Je me suis faite opérer de la poitrine il y a 18 ans, d’une réduction mammaire et mes 2 premiers allaitements n’avaient, ou soit pas fonctionnés, ou bien n’avaient pas aboutis. Je n’avais pas eu de montée de lait pour ma fille et pour mon second, la montée de lait avait eu lieu mais mon fils, lui,avait perdu du poids, donc le pédiatre de l’hôpital m’avait dit de compléter mon enfant au biberon afin qu’il reprenne du poids et vite. Je n’étais alors pas aussi bien informée que je le suis aujourd’hui, personne ne m’avait parlé de la confusion possible sein/tétine… J’ai donc alterné pendant un mois, le sein et le biberon, moralité, mon fils à fini par bouder le sein, beaucoup moins rapide que le bib, c’en était était alors fini de notre histoire lactée.

Pour ce troisième enfant, il était hors de question dans ma tête, que je n’y arrive pas. J’ai donc lu tout ce que je pouvais lire sur le sujet, j’ai participé à des réunions d’informations sur l’allaitement, j’ai trouvé une conseillère en lactation qui n’était autre que la sage femme qui suivait ma grossesse. J’étais armée, prête, j’avais pris des notes, tout enregistré dans ma tête, j’étais devenue absolument incollable sur le sujet, distribuant moi même, des conseils sur l’allaitement tout autour de moi.

Mon 3eme enfant est donc né il y a 16 petits jours, un accouchement tout en douceur, à l’image de sa peau. Lorsqu’on me l’a mis sur le ventre, il n’a pas cherché le sein tout de suite, j’ai du le stimuler un maximum, lui mettre mon mamelon sous le nez plusieurs fois avant qu’il n’ouvre enfin la bouche. Et puis il a tété. Longtemps, et s’est endormi.

Moi, j’avais déjà la sensation d’avoir un début de crevasse après cette première longue tétée. Mais je me suis dit que mes seins étaient encore sensibles, la peau encore fragile, que c’était « normal ».

Et puis mon fils à beaucoup dormi les 24 premières heures. Moi je paniquais un peu car je savais comme il était important qu’il tète, et souvent, pour stimuler ma lactation.

Sauf que lui, avait avalé beaucoup de liquide amniotique in utero et avait beaucoup de glaires qu’il n’arrivait pas vraiment à sortir et comme son estomac en était rempli, il ne ressentait pas vraiment la faim. Le chien qui se mord la queue en somme.

24h plus tard, mon fils était enfin débarrassé de ses glaires et tétait très souvent. J’avais remarqué que sa lèvre supérieure ne se « retroussait » pas lorsqu’il tétait, la position de sa bouche ne correspondait pas aux images que j’avais vu et « apprises » et j’entendais souvent sa langue « claquer ».Chaque tétée était insupportable de douleur, je faisais pourtant vérifier les positions de bébé au sein de manière systématique et chaque fois on me disait que c’était parfait. Sauf que si cela avait vraiment été parfait, ça n’aurait pas du me faire si mal. J’avais les tétons en sang et souvent, ils ressortaient de la bouche de mon fils complètement écrasés.

J’ai commencé à aborder l’hypothèse d’un frein de langue avec le pédiatre qui après avoir examiné mon fils, m’a affirmé qu’il n’en avait pas.

Les positions étaient bonnes, mais j’avais mal lors des tétées et aucune solution pour résoudre le problème de ces tétées douloureuses.

Et puis ils ont pesé mon fils. Et puis il avait perdu du poids. On m’a donc conseillé de complémenter mon fils avec du lait artificiel, j’ai accepté à condition de pouvoir lui donner les compléments à la seringue, refusant catégoriquement le biberon. Dans la foulée, j’ai demandé à mon chéri de ramener mon tire lait à la maternité (qui n’en était pas équipée…) pour tirer mon lait et stimuler ma lactation). La sage femme m’avait dit de complémenter mon fils entre 15 et 20ml de lait artificiel , chose que j’ai faite.

Ils l’ont re pesé le lendemain pour voir s’il avait pris du poids. Non. Il n’en avait pas pris mais n’en avait pas perdu.

Rebelotte, cette fois le pédiatre vient avec la sage femme et celle ci me dit qu’on va devoir arrêter la seringue et « tout l’bazar », qu’il faut passer mon bébé au biberon pour qu’il prenne du poids, que c’est dangereux pour lui de ne pas en prendre. L’équipe de nuit avait été super chouette avec moi et m’avait donné des canules à nutrition pour pouvoir essayer de faire des DAL (dispositifs d’aide à l’allaitement). Je demande donc à la sage femme si je peux nourrir mon fils au DAL, elle refuse catégoriquement en me disant que non, le DAL C’est chiant, long, contraignant bla-bla-bla. Et elle me somme de lui rendre les canules qu’on m’a donné la nuit, pour être sûre que je ne m’en servirai pas! J’ai halluciné! A 36 ans, je me suis sentie comme une gosse de 6 ans a qui on allait confisquer un jouet alors qu’elle avait rien fait de mal et ne comptait rien faire de mal!

Donner le bib. C’était ça, ou on sortirait pas.

Ils m’ont amené 3/4 biberons. Ils ont attendu que je donne le premier, et j’ai fondu en larmes. Je n’arrivais plus à m’arrêter. J’avais encore échoué. J’étais épuisée, je tirais mon lait toutes les 3h, j’avais les tétons en sang, et en donnant ce premier biberon, je me suis sentie trahie, abandonnée, pas respectée, on aurait pu faire tout ça, avec un DAL… mais cela m’avait été refusé.

J’ai alors redressé le menton, j’avais un plan. Donner des biberons à mon fils à la maternité, pour qu’il reprenne du poids et tout mettre en œuvre à mon retour à la maison pour maintenir ma lactation et réussir à le remettre au sein.

A la pesée le lendemain, mon fils avait pris du poids. On pouvait sortir. Ni une ni deux, j’ai appelé ma sage femme qui était aussi ma conseillère en lactation, pour lui demander de venir à la maison, pour voir ensemble comment faire pour remettre mon fils au sein, qui le boudait depuis les bib( tout en continuant les compléments).

Elle est venue dans l’après midi, à examiné mon fils et a constaté un frein de lèvre supérieure. Ce qui expliquait mes crevasses.On a essayé de le remettre au sein mais il s’énervait comme un fou. J’ai appris ce jour là aussi que j’avais un réflexe d’éjection lent, ce qui énervait mon fils puisque le lait met du temps à arriver…Elle nous a conseillé de ne plus lui donner de biberons du commerce et de prendre plutôt le MEDELA calma pour aider notre fils à réapprendre à téter. Chose qu’on a faite dès le lendemain.

Il a mis un certain temps avant de réussir à téter sur ce bib mais il a fini par y arriver. Par contre, il avait des gaz de fou et des rots à foison. Beaucoup de pleurs donc après chaque bib.

Le lendemain j’ai essayé de le remettre au sein et miracle, il l’a pris! Je me suis alors dit que ce bib avait un effet positif sur lui.

Et puis il ne l’a plus pris ensuite.

Je cherchais une solution pour augmenter ma production de lait car à défaut de le voir téter à mon sein, je voulais le nourrir exclusivement de mon lait. Et ma sage femme ne me proposait plus grand chose à vrai dire. Je prenais déjà des tisanes d’allaitement, des bières sans alcool, de l’homéopathie, je tirais mon lait toutes les 3h, jour et nuit et buvais beaucoup d’eau.

Alors, j’ai épluché l’annuaire des consultantes en lactation IBCLC et j’en ai contacté une qui a pu se libérer et venir nous voir mon fils et moi dans la journée.

Elle a examiné mon fils, et en 2 secondes elle a confirmé le frein de lèvre supérieure mais aussi un frein de langue de type 4. Elle nous a dit d’arrêter le bib MEDELA et a sorti un DAL tout neuf de son sac, ma bonne fée! Elle m’a montré comment m’en servir, remplir le flacon de mon lait, et le donner à mon fils avec mon petit doigt. Le remettre au sein avec ses freins, me les abîmerait de nouveau. Alors elle m’a donné des adresses, d’ostéopathes et d’ORL, j’ai pris rendez vous pour faire couper les freins de lèvre et langue de mon fils et je dois la revoir quand ce sera fait pour voir si la succion de mon fils s’est améliorée afin de pouvoir ensuite le nourrir exclusivement au sein. Elle m’a conseillé de continuer à tirer mon lait toutes les 3h, de prendre des gélules de fenugrec en plus des tisanes et de l’homéopathie, de masser régulièrement mes seins en les drainant au maximum vers les mamelons. D’alterner tirage et massage, tirer mon lait en double pompage, puis masser, puis tirer mon lait de nouveau un sein sur deux, tout en massant l’autre.

Il est important, voire capital de maintenir ma lactation, car ça me permets de tirer mon lait et donc de nourrir mon fils quand même avec.

Je ne « produis » pas encore assez, je suis obligée encore de compléter avec du lait artificiel mais lorsque mon fils aura ses freins coupés, j’aurais de quoi le nourrir au sein et lui, stimulera bien mieux ma lactation que le tire lait;-)

Avant tout ça, je ne soupçonnais pas la force de ma détermination à ne rien lâcher, à tout faire pour pouvoir allaiter mon bébé.

On voit partout des allaitements qui se passent bien. Sans problème. Je les regarde, j’avoue, parfois avec envie. Mais à aucun moment, je ne me suis dit que je n’y arriverai pas!

Et comme dit ma sage femme: je reviens de loin… une chirurgie mammaire, une lactation qui a mis du temps à se mettre en place, un bébé avec des freins de lèvre et de langue, prise de biberons etc…

et pourtant… aujourd’hui il ne repousse plus mon sein. On a rendez vous dans 4 petits jours pour les freins. Ensuite, j’espère que cette photo qui illustre si bien notre combat pour l’allaitement, ne sera plus qu’un souvenir…

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2 commentaires sur « Mon combat pour allaiter. »

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